Montréal International prépare une offensive du côté des Canadiens
vivant dans la région de Silicon Valley, en
Californie.
En collaboration avec Techno Cap, une société montréalaise de capital de
risque, et Coudert Frères, un bureau
d'avocats de Montréal, Montréal International commanditera, le 15
novembre, une soirée du Digital Moose
Lounge. Cette jeune association réunit plus de 700 travailleurs
canadiens en exil dans la capital mondiale de
l'informatique.
"Nous voulons faire connaître le Montréal de l'an 2000; dire en quelque
sorte à ces ex-Canadiens que les choses
ont changé depuis leur départ", dit Louise Thiboutot, directrice du
développement des affaires, région Amérique
Côte Ouest, de Montréal International.
La Mission commerciale du Canada en Californie estime à plus de 300 000
le nombre de Canadiens -
principalement des travailleurs du secteur des hautes technologies - qui
vivent dans la vallée. Du nombre, jusqu'à
60 000 seraient d'anciens Montréalais.
Les Canadiens qu'on y retrou-ve nous ont quittés par défi personnel,
pour des occasions professionnelles et pour
l'incontournable attrait de capitaux.
Mais après 5 ou 10 ans de vie californienne, leur perspective change et
des sociétés comme BroadSoft, ou
VIP-Switch, de Montréal, ont réussi à rapatrier pour leur compte des
travailleurs d'expérience.
À défaut de vouloir revenir, plusieurs occuperaient maintenant des
postes importants, ce qui leur conférerait un
pouvoir d'influence considérable sur les décisions de développement et
d'emplacement de leurs entreprises
respectives.
"C'est là aussi que ça devient très intéressant pour Montréal. Des
Montréalais sont partis. Ils ne nous ont pas pour
autant oubliés!" se réjouit Mme Thiboutot.
Michel Coderre, avocat responsable des questions fiscales chez Coudert
Frères, rappelle qu'une entreprise
américaine peut trouver à Montréal des locaux, une main-d'oeuvre
qualifiée et bilingue, et une qualité de vie pour
une fraction de ce qu'il en coûte en Californie.
Pourtant, dit-il, il y a encore de ces compagnies américaines qui
feraient faire leurs activités de R&D aussi loin
qu'en Inde plutôt qu'au Québec.
"C'est comme si le Québec n'était pas encore sur le radar des
Californiens." Le "6 à 8" du Digital Moose Lounge
aura lieu à Redwood City, à mi-chemin entre San Francisco et San Jose.
Au moment d'écrire ces lignes, 143
Canadiens avaient déjà confirmé leur présence, "du jamais vu" selon
Suzan Chung, la présidente fondatrice (ou
Prime Moose!) de l'association. Les participants courent la chance de
gagner un weekend pour deux à Mont-réal,
toutes dépenses payées. |